Les Noël Scandinaves
Article par Elsa Colchen

Dans les pays scandinaves (Danemark, Suède, Norvège, Finlande etc.), on fête « Yule » : la fête du solstice d’hiver, c’est-à-dire le jour de l’année où la nuit est la plus longue. Cette célébration revient aux origines de Noël avant la christianisation où les païens fêtaient le solstice d’hiver.

Chez les peuples germaniques, la fête s’appelait Yule et chez les Romains, les Saturnales. Dès le lendemain, on gagne chaque jour un peu plus de lumière jusqu’au solstice d’été. Il s’agit donc d’une fête de la lumière où le renouveau s’annonce déjà.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Selon le mythe celte répandu en Scandinavie, autour du 21 décembre, on observait le Roi de Houx, Dieu arbre représentant l’obscurité de la fin d’année, perdre son combat contre le Roi de Chêne, Dieu arbre représentant la lumière des jours nouveaux. On allumait des bougies, on fabriquait des couronnes de gui horizontales et on se racontait l’histoire de Yule au chaud en brûlant une bûche.

L’autre légende est que Yule est le moment où le Dieu Heimdall, fils d’Odin et protecteur d’Asgard, venait visiter chaque année les enfants de chaque foyer. Heimdall avait pour habitude de laisser un cadeau dans les chaussettes de ceux qui s’étaient bien comportés et laissait des cendres dans les chaussettes de ceux qui s’étaient mal comportés.

Jusqu’au XVIIIème siècle, la période hivernale était associée à une période de famine en Scandinavie. Donc, quand l’hiver arrivait, on sacrifiait les bêtes pour deux raisons : ne pas avoir à les nourrir et pouvoir se nourrir pendant les mois froids (surtout que l’on pouvait conserver la viande dans la glace pendant de longs mois). C’est ainsi que Yule est devenue une célébration païenne accompagnée de lourds repas composés entre autres de viandes fraîches et de légumes racines, se conservant facilement.

En Suède

Les pays scandinaves sont aussi soupçonnés d’abriter le Père Noël. Si l’on pense que le vieil homme en rouge et blanc habite la Finlande, la Suède lui fait tout autant honneur. Dès le premier dimanche de l’Avent, les suédois se réunissent autour d’un verre de glögg, un vin chaud épicé aux amandes et aux raisins secs. Au bureau comme à la maison, on installe sur le rebord des fenêtres les bougeoirs typiques de l’Avent, à sept branches et des lampes en forme d’étoile, les julstjärnor.

Les Suédois aiment particulièrement célébrer Sainte-Lucie avec des chansons et des lussebullar, des petits gâteaux typiques parfumés au safran. Le 13 décembre, une fille jouant Sainte Lucie pénètre dans les bureaux, les églises et les maisons sur fond de chants de Noël. Elle est vêtue d’une longue robe blanche, une couronne de bougies sur la tête. Des enfants habillés tout en blanc l’accompagnent avec des bougies à la main. Selon la tradition, la nuit du 13 décembre était la plus longue de l’hiver, une nuit où tous les êtres maléfiques de la croyance populaire étaient actifs. Pour illuminer la longue nuit et se protéger des esprits malins, les suédois désignaient la Sainte Lucie comme la porteuse de la lumière. La fille incarnant Sainte Lucie marchait d’une ferme à l’autre avec son cortège.

Le 24 décembre, la plupart des familles suédoises se retrouvent vers trois heures de l’après-midi pour regarder Kalle Anka, une émission télévisée diffusée chaque Noël depuis 1960, qui rassemble plusieurs courts-métrages Disney. Vient ensuite l’heure du repas, après lequel certains font une ronde autour du sapin et chantent des chansons de Noël. La tradition veut que le sapin soit conservé jusqu’au 13 janvier, le jour de la Saint-Knut. Une fête est organisée au moment de s’en débarrasser et des bonbons ou autres petits cadeaux sont accrochés aux branches pour que les enfants puissent les piller.

En Islande

En Islande, les festivités ne commencent que la veille de Noël, le 24 décembre, pour se terminer le 6 janvier, 13 jours après Noël. On ne parle pas du père Noël mais de 13 lutins, les Jólasveinar. Ils descendent chacun leur tour de leur montagne pour apporter des cadeaux aux enfants. Les petits Islandais mettent leurs chaussures à la fenêtre treize jours avant Noël, dans l’espoir d’avoir un présent chaque jour.

L’île compte deux principaux Villages de Noël où l’on peut boire du jolaglogg (vin chaud épicé) : à Reykjavik et à Hafnafjörður, ville pittoresque dans un paysage de lave.Pour le réveillon du 31 décembre, les Islandais se réunissent après un repas en famille de 20h30 à22h autour de grands bûchers disséminés un peu partout dans la capitale et entonnent des chants traditionnels islandais. Puis, vers 23h, a lieu une orgie de feux d’artifice avant de faire la fête jusqu’au petit jour.

En Norvège

Pour patienter jusqu’au jour J, les Norvégiens fêtent ce qu’ils appellent « la petite veille de Noël » le 23 décembre. Les familles se réunissent pour décorer le sapin, confectionner des maisons en pain d’épice et autres gâteaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est également courant de déguster un riz au lait avec du sucre, de la cannelle et du beurre, dans lequel est cachée une amande. Celui qui tombe sur cette dernière repart avec un cochon en pâte d’amande. La tradition peut aussi avoir lieu le 24 décembre. Le houx est à l’honneur pour décorer les façades des maisons et des rues. Le jour du réveillon, les cloches des églises sonnent pour annoncer le début des festivités, qui commencent généralement par un bon repas pendant que les cadeaux attendent sagement d’être ouverts au pied du sapin. Les festivités se prolongent jusqu’au 31 du mois.

Au Danemark

Les Danois, de leur côté vont préférer décorer avec des branches d’épicéa et des baies rouges pour confectionner des couronnes de Noël. Il est fréquent de finaliser la décoration de son sapin en déposant une étoile dorée ou argentée au somment. Elle peut aussi s’entourer de drapeaux et autres ornements nationaux. Les Danois ont aussi la tradition de manger un riz au lait dans lequel est caché une amande avec le cochon en pâte d’amande en récompense. Comme en Suède, après un bon dîner le soir du 24 décembre, les familles se retrouvent autour de l’arbre de Noël avec chants traditionnels et ouverture des cadeaux. Ils prolongent les festivités jusqu’au 25 et 26 décembre, appelés les premiers et deuxièmes jours de Noël.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La légende du julnisse

Le folklore scandinave veut que les cadeaux soient distribués par le lutin de Noël, appelé julnisse en Norvège et jultomte en Suède. A l’origine, il s’occupait des enfants et de la maison du fermier et le protégeait de la mauvaise fortune, avant de devenir porteur de présents au moment des fêtes de fin d’année. Le lutin fait souvent son apparition auprès des enfants à l’occasion du réveillon, sous la forme d’un adulte déguisé. En Suède, les cadeaux sont distribués dans l’après-midi ou la soirée du 24 décembre. Seuls les plus jeunes ont la chance d’ouvrir une seconde tournée le lendemain, une fois le repas terminé. En Norvège et au Danemark, les présents sont ouverts le 24 décembre uniquement, après la visite du julnisse.

A NE PAS RATER !

 

Il est difficile aujourd'hui d'évoquer le personnage du Père Noël au cinéma sans penser à une production plus ou moins mellifère projetée durant les fêtes de fin d'année et surtout vouée à occuper les espace vides entre super héros et reboots de bon aloi.

Pourtant, il est une œuvre qui fera office d'exception, tant par sa beauté de mise en forme que par le ton employé.

Klaus a donc été imaginé par Sergio Pablos, un bonhomme dont le nom parlera aux férus d'animation. Il fut concepteur des personnages sur Tarzan et La Planète au Trésor des Studios Disney, producteur exécutif sur la saga Moi, Moche et méchant des Studios Universal et sur Yéti & Compagnie pour la Warner.

Premier long métrage original proposé et produit par Netflix, Klaus pose donc le postulat en apparence pas si original de revisiter le mythe du Père Noël. Une sorte de Santa Claus begins si on veut utiliser un raccourci grossier.

Doté d'une atmosphère un brin magique, d'une animation qui ne souffre d'aucun reproche et d'un design épuré et original, le film n'invoquera le fantastique qu'à travers les yeux de son spectateur.

Qu'il s'agisse du crépitement d'un feu dans l'âtre, d'un frimas venant draper forêts et chaumières, le regard pétillant d'un enfant qui découvre un cadeau au pied de son lit ou encore d'une brise qui rappellera l'être aimé, Klaus invoquera une myriade d'émotions tour à tour nostalgiques, innocentes, mélancoliques, tendre ou passionnées.

Une composition affective qui viendra libérer toute une population du joug millénaire d'une haine dont personne ne connait les origines et qui ne perdure que grâce à une poignée d'illuminés qui se complaisent dans une déliquescence qu'eux mêmes ne comprennent pas, sinon qu'elle est devenue une tradition.

Mais comme aucun être humain ne peut vivre dans la solitude ou sans amour, les deux héros tenteront de sauver ce village de morts-vivants au gré d'actes plus ou moins désintéressés et de péripéties parfois cocasses, quitte à y perdre un peu de son ancien "soi".

C'est une fois l'office accompli qu'ils pourront trouver un repos mérité, que ce soit dans les bras d'une jolie enseignante qui a reprit le goût de l'apprentissage ou dans la quiétude de la forêt, nimbé dans une lumière céleste et bercé par une brise familière.

Un seul regret viendra déranger le spectateur une fois le rideau tombé: que le spectacle ne dure pas encore un peu plus longtemps, juste quelques minutes...

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